Des chiffres et des lettres

Chers lecteurs,

Contrairement à ce que le titre pourrait suggérer, je ne vais pas parler du fameux jeu-concours à la télé. Je vais parler d’un sujet relatif au monde de la traduction : les répétitions des expressions et des mots dans un texte.

De quoi s’agit-il? Très souvent, lorsqu’un traducteur reçoit une commande de traduction, le problème de la répétition de certains mots et expressions se pose. Comment doit-on facturer les répétitions? Selon la terminologie de la traduction, les mémoires de traduction (des bases de données linguistiques utilisées lors de la traduction via les outils de traduction qui contiennent des segments de texte – phrases, expressions – ainsi que leur équivalent dans une autre langue pouvant être réutilisés ultérieurement) présentent des « exact matches » (les répétitions exactes d’une expression) et les « fuzzy matches » (lorsqu’une répétition présente quelques différences). Très souvent, les traducteurs accordent des réductions des prix selon le taux des répétitions (puisqu’ils facturent normalement au mot).

Très honnêtement, cette démarche me gêne profondément. Oui, c’est vrai, comme dit la chanson, chacun fait ce qui lui plaît, puisque le métier de traducteur n’est pas réglementé. Cependant, cette approche comptable de la traduction me dérange. Pourquoi? Parce qu’un texte à traduire est beaucoup plus qu’un assemblage de mots et de répétitions : il y a aussi le contexte qui, encore une fois, n’est pas pris en compte. Prenons, par exemple, le mot anglais « table ». Il s’agit d’un mot polysémique, puisqu’il indique à la fois un objet physique (un meuble), ainsi qu’un mot abstrait (comme « table of contents » ou « periodic table »). Faut-il, dans ce cas, accorder une réduction de prix tout simplement parce que ce mot apparaît plusieurs fois dans un texte? Je ne le pense pas.

Traduire est un travail de précision qui ne devrait pas être bradé tout simplement parce que le texte à traduire présente des répétitions de mots et d’expressions. Comme les traducteurs facturent normalement au mot, chaque mot devrait être intégralement facturé, avec ou sans répétitions.

Traduire n’est pas exercer le métier de charcutier ou de boucher (malgré le respect que ces métiers méritent). Accorder des réductions de prix pour les répétitions relève, à mon humble avis, du charcutage, comme si le traducteur devrait enlever la couenne et les parties grasses du texte à traduire. Un texte doit être pris dans sa globalité et ne pas être morcelé comme un saucisson.

Voilà pourquoi je n’accorde pas de réductions de prix pour les répétitions.

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