La post-édition, une fausse bonne idée

Chers lecteurs,

Vous avez probablement entendu parler de la post-édition. De quoi s’agit-il? En effet, c’est très simple. Lorsqu’un internaute lambda surfe sur internet et trouve des sites rédigés dans une langue qu’il n’a jamais appris, il peut lire leur traduction dans sa langue maternelle grâce aux logiciels de traduction automatique. En effet, ceci est très pratique lorsqu’on veut lire, par exemple, un magazine ou journal en ligne (généralement monolingue) d’un pays en particulier. Dans ce cas-là, pourquoi se casser la tête à chercher un traducteur pouvant traduire ces sites rédigés dans une langue qu’on ne connaît pas? Evidemment, il n’y a rien de condamnable lorsqu’on fait un usage strictement personnel de Google Translate ou d’autres « machines de traduction », c’est-à-dire, les logiciels de traduction automatique. Cependant, les choses se corsent lors d’un usage professionnel ou commercial. Certains clients préfèrent utiliser ces logiciels de traduction automatique pour traduire le contenu de leurs sites internet ou d’autres documents et les rendent ensuite au traducteur afin qu’il fasse les corrections nécessaires. Cela s’appelle la post-édition.

Or, la post-édition est une très mauvaise idée. D’abord, parce que, premièrement, la traduction n’est pas une marchandise. On n’achète pas une prestation de traduction comme on achète un parapluie, car une traduction, contrairement au parapluie, n’est pas un produit fini, mais bel et bien un service. Un service qui demande beaucoup d’efforts et qui ne peut pas être effectué à la légère ni à la va-vite. Deuxièmement, une langue est beaucoup plus complexe que l’on imagine, car les algorithmes ne « connaissent » pas ses subtilités (sens propre et sens figuré, les expressions idiomatiques et le contexte culturel des mots). Désolée, mais les algorithmes ne « savent » pas tout et ils ne peuvent pas tout faire.

Voyons donc les différences entre un service de traduction effectué par un traducteur humain et celui qui effectué par un logiciel de traduction automatique. Que se passe-t-il lorsqu’on demande un service de traduction à un traducteur humain? Le client envoie le texte à traduire au traducteur. Ensuite, le traducteur analyse le texte, effectue toutes les recherches terminologiques selon le sujet du texte à traduire et, après avoir fait tout cela, il le traduit. Puis, le texte pourra être révisé et modifié, avant d’être envoyé au client. Maintenant, que se passe-t-il lorsqu’un traducteur doit effectuer la post-édition d’un texte « traduit » grâce aux logiciels de traduction automatique? Le client utilise un logiciel de traduction automatique qui lui « traduit » son texte. Ensuite, il rend la « traduction » à un traducteur qui doit faire plusieurs choses : lire le texte original et sa « traduction », vérifier toutes les fautes et toutes les incohérences du texte « traduit » (car les « machines de traduction » sont incapables de reconnaître le contexte du texte original – et après il ne faut pas s’étonner de leurs bourdes monumentales) et éventuellement (et plus souvent qu’on ne le croit!) refaire la traduction, car le texte « traduit » par ces logiciels est tellement affreux que personne n’y comprend grand chose.

Bref, la post-édition est une perte de temps pour le client et pour le traducteur. Pour le client, l’utilisation de ce type de logiciels n’est pas du tout rentable, car le texte « traduit » par ces logiciels peut être si mauvais qu’il devra être retraduit par le traducteur lui-même, alors qu’il était « censé » faire uniquement de la post-édition. Pour le traducteur, la post-édition est une perte de temps, car il aurait pu traduire d’emblée le texte original sans se casser la tête avec toutes les incohérences du texte « traduit » par les « machines de traduction ».

Donc, chers lecteurs, si vous voulez utiliser les logiciels de traduction automatique pour un usage strictement personnel, il n’y a pas de problème. Allez-y. Par contre, si vous voulez une traduction de qualité qui vous aidera dans votre vie professionnelle, ne vous tirez pas une balle dans le pied.

Voilà, maintenant, vous êtes prévenus.processor-540254_1920

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